
Le secrétaire général des nations unies, Antonio Gutteres visitera Haïti le samedi 1er juillet 2023. Cette visite aura pour but de discuter avec divers acteurs haïtiens autour de la crise haïtienne qui, au fur et à mesure, ne cesse de s’aggraver.
Cette visite du secrétaire général est, certainement, l’initiative de la communauté internationale notamment les États-Unis, le Canada, la France etc. Elle s’inscrit dans la poursuite des discussions entamées au niveau du conseil de sécurité de L’ONU autour de l’aggravation de la situation de crise qui sévit dans le pays et surtout le problème de l’insécurité généralisée en Haïti.
Par ailleurs, les dirigeants haïtiens, malgré plusieurs tentatives ou feintes, ne parviennent pas à trouver la solution nécessaire pour pallier la crise. Ainsi, une seule issue s’impose, quoique vaine, il s’agit de l’international. Ce dernier semble avoir la clé miraculeuse de la solution face à la crise haïtienne mais, il joue un double jeu: tantôt l’international impose, tantôt il devient médiateur entre les acteurs politiques. La visite du secrétaire général des nations unies, Antonio Gutteres vient élargir la liste des envoyés spéciaux en Haiti. Alors, Peut-on vraiment espérer une sortie de crise à travers cette visite prochaine de Gutteres en Haïti ?
La communauté internationale et ses manoeuvres dilatoires
L’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021 donne une tournure nouvelle à la crise haïtienne au niveau international. Les yeux du monde entier étaient fixés sur Haïti. Les États-Unis qui prétend être le numéro 1 du continent Amérique ont embrassé la cause haïtienne avec d’autres alliés.
Du coup, Ariel Henry nommé Premier ministre par le président Jovenel Moïse le 5 juillet, deux jours avant son assassinat, a pris officiellement ses fonctions le 20 juillet sous l’approbation de la cheffe du BINUH à l’époque Mme Hélène Lalim. Depuis, plusieurs missions étrangères ont foulé le pays.
Dans un communiqué de presse du Département d’État des États-Unis datant le 22 juillet 2021, le Département d’État annonce l’arrivé d’un envoyé spécial pour Haïti. Il s’agit alors du diplomate Daniel Foote dont sa mission principale était de s’entretenir avec les acteurs haïtiens en vue de résoudre la crise. Deux mois plus tard, Foote démissionne et dénonce la « politique inhumaine » des États-Unis face à Haïti.
Entretemps, Haïti s’enfonce encore plus dans la crise. Pas d’alternative réel, pas de consensus réel, aucun accord possible provenant des acteurs haïtiens pour permettre à la population haïtienne de voir des jours meilleurs. La violence des gangs armés s’envenime, la corruption s’étend dans l’administration publique. Le premier ministre Ariel Henry est un sourd-muet qui n’ entend pas les cris de la jeunesse plongée dans le désespoir le plus total.
Quelques mois plus tard, on entend claironner la venue d’un autre émissaire en Haïti. L’espoir du peuple haïtien s’allume à nouveau. M. Brian À. Nichols, secrétaire d’État adjoint pour les affaires de l’hémisphère occidental arrivait le 12 octobre 2022. Le diplomate Brian a entrepris les mêmes démarches vaines que ses prédécesseurs. Au final, rien n’a jamais été fait au profit du pays.
Encore, les jours passent, le désespoir s’installe au grand jour. Le mercredi 8 mars 2023, la communauté internationale a envoyé une fois de plus, le secrétaire d’État adjoint pour les affaires de l’hémisphère occidental, Brian Nichols. Au lieu de résoudre les problèmes du pays, au contraire, sa visite vient mettre de l’huile sur le feu de la crise haïtienne.
La CARICOM tente, à travers un forum organisé les 11, 12 et 13 juin dernier, d’unir les divers acteurs haïtiens autour des sujets liés à la sécurité, gouvernance et élections. Cette rencontre a été tournée en dérision notamment par le premier ministre Ariel Henry. Après cette rencontre, les mêmes problèmes persistent.
À l’heure actuelle, la venue du secrétaire général des nations unies, M. Antonio Gutteres est à l’ordre du jour. Ce dernier s’apprête à fouler le sol haïtien samedi 1er juillet en vue de rencontrer les dirigeants haïtiens, la société civile, les membres de la Police Nationale et du bureau intégré des nations unies (BINUH). Quel résultat peut-on espérer de ces manoeuvres dilatoires de la communauté internationale face à la crise haïtienne ?
En somme, il est évident que la crise en Haïti n’a jamais été un souci pour la communauté internationale en particulier les États-Unis. Les discussions entamées depuis plusieurs années que ce soit au conseil de sécurité de l’ONU, que ce soit à la CARICOM ne visent pas le changement. De même, la venue prochaine de Gutteres en Haïti s’inscrit dans la même logique des manoeuvres ou procédés dilatoires des grandes puissances vis-à-vis d’Haïti.
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